Loi Création & Internet ... en panne de créativité
Par Pierre Pezziardi, jeudi 5 mars 2009 à 21:03 - General - #33 - rss
... Elle reproduit un simple schéma coercitif qui date d'une autre époque. En tout cas, d'un âge pre-Internet. Depuis les années 90, les joueurs et parieurs jouent sans frontières, les défiscalisateurs défiscalisent en ligne, et les malades s'approvisionnent tranquillement en substance illicites ... mais que font-ils, la loi est pourtant contre !
Après DAVSI en 2006 et ces impressionnants résultats (!), voila la nouvelle loi HADOPI, une Nième loi suit le même schéma : tenter d'arrêter les nouvelles dynamiques de distribution de contenu pour revenir à un état antérieur, paradis perdu où les CD se vendaient à gogo et faisaient la richesse des majors, des distributeurs, et de quelques artistes.
Qu'en attendre ? Les téléchargeurs vont s'arrêter de télécharger ? Et surtout, les millions vont de nouveau affluer dans les bacs des disquaires et dans les sites de téléchargement légaux comme iTunes ou VirginMega ?
Rien n'est moins sûr. En effet, l'apparent consensus entre les acteurs concernés (majors, régulateur, associations d'artistes et d'auteurs et distributeurs) cache une absence de créativité - dommage pour une loi qui s'en revendique - et donc d'espoir de changement. Elle reproduit un simple schéma coercitif qui date d'une autre époque. En tout cas, d'un âge pre-Internet. Depuis les années 90, les joueurs et parieurs jouent sans frontières, les défiscalisateurs défiscalisent en ligne, et les malades s'approvisionnent tranquillement en substance illicites ... mais que font-ils, la loi est pourtant contre !
Mais reprenons l'histoire du débat : la licence globale a été écartée malgré son caractère incitatif, innovant. Deux arguments majeurs ont été évoqués contre elle :
- Cela nécessiterait de sonder profondément les réseaux pour connaître qui télécharge & écoute quoi ; ce flicage serait complexe et insoutenable
- Les sommes levées ne compenserait pas le manque à gagner actuel
- un simple indicateur composite, approximatif, reprenant la popularité sur les principaux sites de téléchargement et de streaming, permettrait à un institut indépendant (par exemple Médiamétrie) de fournir une clé de répartition fiable pour rémunérer les auteurs et les artistes; inutile de chercher si untel a téléchargé 13 ou 14 fois ! Au fond si Têtes Raides reçoit 1499€ au lieu de 1507€ et les ayants droit de Bob Marley 2608€ au lieu de 2600€, quel est le problème ? Qui croit encore en l'exactitude de nos comptabilités ?
- Prélever 5€ par abonnement Haut-Débit sur la base du volontariat permettrait de lever environ 50M€ par mois (17 millions de foyers, hypothèse de bascule d'un peu plus de la moitié en un an),... effectivement peut-être pas de quoi nourrir tout le marché "comme avant" - 1,5 Milliards € en 2005 contre 600 Millions ici - mais le système pourrait aisément se superposer aux autres modèles (iTunes, FNAC) qui génèrent d'autres revenus. Une nouvelle plate-forme de téléchargement proposerait un service de base aux abonnés en accès illimité; grâce à un filtrage simple réalisé par l'opérateur, les autres Internautes en seraient exclus. Les plates-formes comme iTunes seraient condamnées à se différencier par le haut, avec des services à valeur ajoutée (paroles, tablatures, bonus ..). La TV est déjà dans ce double modèle licence globale (redevance, pub) et pay per view (chaînes payantes, VOD), mais personne ne semble s'en être aperçu ...
Commentaires
1. Le vendredi 27 mars 2009 à 18:39, par pvincent
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